Rappel Historique

1. La préhistoire

Les fouilles attestent la présence humaine à 400 000 ans avant JC. Les peintures rupestres découvertes dans le Tassili N’Ajjer témoignent directement d’une vie primitive organisée qui remonte à 6.000 ans avant notre ère.

2. L'Algérie antique

Les premiers occupants du Maghreb sont les Numides qui ont constitués du 6ème au 4ème siècle avant JC, des royaumes dont les noms sont illustres tels que Massinissa, Jugurtha, Juba et Tacfarinas. Les Phéniciens établissent plusieurs comptoirs pour contrôler les voies maritimes en Méditerranée. L’expansion de Rome se heurte aux Phéniciens durant trois longues guerres dites puniques entre le 3ème et 2ème siècle avant JC et qui se terminent par la destruction de Carthage en 146 avant JC. Massinissa s’allie aux Romains pour créer un noyau Numide qui sera partagé à sa mort entre ses trois héritiers. Des guerres successives opposeront Romains et Numides jusqu’à l’annexion du royaume de Maurétanie qui restera sous leur domination jusqu’au 5ème siècle après JC.

3. L'Algérie romaine

Les Romains divisent la Maurétanie en deux provinces impériales : La Maurétanie Césarienne (Oranie, Algérois) et la Maurétanie tingitane (Maroc). La Numidie est circonscrite à l’intérieur des terres et transformée en base militaire. Rome développe de grandes voies de circulation, de riches cités. L’Afrique du nord devient alors « le grenier à blé » de l’empire romain. Ce développement entraîne la sédentarisation de populations autochtones désignées sous le nom de « Barbares » d’où dérive de mot « Berbère ». En même temps que l’empire Romain la christianisation touchera le Maghreb sous l’influence de Saint Augustin évêque d’Hippone (Annaba). Des dissidences religieuses entraînent une instabilité politique de l’empire Romain en déclin et laisse la porte ouverte à l’envahisseur Vandale arrivé d’Europe en 429, qui sera chassé par l’empereur de Constantinople en 533. Les Byzantins occupent l’Est de l’Algérie pendant un siècle jusqu'à l’arrivée des Arabes en 647.

4. L'Algérie musulmane

L’islam porté par les cavaliers arabes va envahir progressivement tout le Maghreb et se heurter à des oppositions successives dont la légendaire Kahina reine Berbère. Au 8ème siècle l’ensemble du Maghreb islamisé est placé sous l’autorité omeyyade dirigée depuis Damas en Syrie. Malgré les querelles de succession les différentes dynasties musulmanes vont étendre leur domination jusqu’ en Europe et développer le Maghreb dans les domaines économiques et culturels. Au 14ème siècle la reconquista a raison de l’empire Almohade, des villes portuaires Algériennes sont occupées par les flottes Espagnoles (Oran, Bougie). Alger sera sauvée par les deux frères Corsaires Barberousse avec l’aide des Ottomans. La régence Turque occupera les principales villes du territoire pendant près de 3 siècles. Bien que lié à Constantinople, le territoire est administré de manière autonome par 28 régents successifs jusqu’à l’invasion Française.

5. L'Algérie française

A la suite d’un différent avec le Dey d’Alger (Coup d’éventail), l’armée française débarque à Sidi Fredje en Juin 1830. Elle va se heurter rapidement à une opposition dont la plus connue est menée par l’émir Abdel Kader pendant 15 ans. Il faudra attendre 27 ans pour juguler les différentes révoltes à l’occupation Française.
Les terres confisquées aux propriétaires algériens sont attribuées aux colons français rejoints par la suite par d’autres ressortissants européens venus d’Italie, de Malte ou d’Espagne.
La IIIè république qui succède au Second Empire réalise l’entreprise de colonisation en faisant de l’Algérie un territoire Français.
Un régime discriminatoire (le décret Crémieux 1870 Code de l’indigénat 1881) déstructure l’ordre social et culturel autochtone.
La question d’égalité avec les européens devient plus insistante dans les années 1920, qui marquent le début de l’éveil nationaliste Algérien A. Messali Hadj, Ferhat Abbas.
A. Messali Hadj exilé en France soutenu par le PC Français crée l’étoile Nord Africaine (ENA) en 1926. Après plusieurs dissolutions elle prendra le nom du Partie du Peuple d’Algérie P.P.A., Premier Parti Politique National Organisé.
En Algérie l’intelligentsia et la bourgeoisie émergeante s’associent à Ferhat Abbas, pour faire reconnaître la possibilité aux algériens d’être à la fois Français et musulmans en se référent au système démocratique et humaniste de la France de 1789.
Les Oulémas de Ben Badis, axent leurs revendications sur le plan identitaire et culturel.
Les oppositions systématiques à toutes tentatives politiques d’intégration de la population musulmane radicalisent les mouvements qui s’orientent au fur et à mesure vers la revendication indépendantiste. A la suite du massacre de Sétif du 08 mai 1945 plusieurs révoltent éclatent et marquent la rupture entre la majorité algérienne musulmane et la minorité européenne. L’insuffisance des réformes ne peuvent arrêter le processus, et le C.R.U.A. (Comité Révolutionnaire d’Unité et d’Action) qui deviendra le F.L.N. (Front de Libération Nationale) déclenche l’insurrection à minuit dans les Aurès le 1 Novembre 1954 marquant ainsi le début de la longue et douloureuse guerre d’indépendance.
Le 20 Aout 1956 le congrès de la Soummam établit les fondements de l’état algérien.
La guerre d’Algérie, et surtout la bataille d’Alger en 1957 entraînant des exactions de part et d’autres suscitent l’émotion en métropole et va jusqu’à ébranler la République Française.
Le 13 mai 1958 les partisans de l’Algérie Française créent un comité de salut public et en appel au Général De Gaulle qui modifie la constitution et devient le président de la Vè république. Parallèlement le F.L.N. constitue un Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (G.P.R.A.)
En 1959 la guerre dure déjà depuis 5 ans le Général De Gaulle se prononce pour le droit du peuple Algérien à disposer de lui-même.
Sur fond de combats ininterrompus, malgré les exactions de l’O.A.S. extrémiste de l’Algérie Française, la France entament des pourparlers avec le G.P.R.A. qui aboutissent aux accords d’Evian 10 mois plus tard.
Le 19 mars 1962 marque la fin des hostilités entre la France et le G.P.R.A, les prisonniers politiques sont libérés, le référendum d’autodétermination entérine à 99,72 % l’indépendance Algérienne.
En moins d’un an la minorité Européenne quitte en masse le pays.

6. L'Algérie contemporaine

Juillet 1962, l’Algérie est libre, indépendante mais exsangue sur le plan social et économique. Des conflits d’intérêts entre les principales factions du mouvement révolutionnaire se manifestent dès septembre 1962. A. Benbella est élu président de la république Algérienne démocratique et populaire. La première constitution en 1963 institue le modèle socialiste et introduit l’autogestion.
Un coup d’état militaire en juin 1965 porte au pouvoir Houari Boumediene qui y restera jusqu’ en 1978 jusqu’à sa mort.
L’ère Boumediene marquera profondément l’Algérie contemporaine, il nationalise les richesses naturelles en 1971, concentre l’activité économique sur le secteur des hydrocarbures et devient le fer de lance des nations du tiers monde sur le plan international. En 1976 la réforme constitutionnelle dote le pays d’une assemblée législative.
En 1978, Chadlis Benjedid, candidat unique à la présidence est élu et restera au pouvoir jusqu’ en 1992. Il engage une série de réformes sociales libérales, mais très vite il doit faire face à une crise culturelle et identitaire (révélées par le printemps berbère en 1980).
Le monopole politique du parti unique et la crise socio-économique nourrissent la contestation qui éclate en 1988 par la révolte de la jeunesse algérienne violemment réprimée par l’armée.
L’événement provoque une réforme constitutionnelle qui institue le pluralisme politique en 1989. C’est la fin officielle du régime parti unique.
En 1990 les premières élections municipales démocratiques sont remportées par le Front Islamique du Salut (F.I.S.), ce choix se confirme lors du premier tour des législatives de 1991. Cette victoire massive pousse le pouvoir à stopper le processus démocratique. Le Parlement et la Constitution sont suspendus et le Haut Comité d´Etat est créé afin d’assurer la gouvernance du pays, l’état d’urgence est instauré et le F.I.S. est dissout.
Le G.I.A. (le Groupe Islamique Armée) et A.I.S. (l’Armée Islamique du Salut) s’engagent alors dans la lutte armée contre l’Etat avant de retourner leurs armes contre les civils. L’espoir suscité par l’arrivée de Mohamed Boudiaf est de courte durée et se termine par son assassinat en 1992.
L’Algérie sombre alors pendant près de 10 ans dans une obscure guerre civile qui oppose les groupes terroristes aux forces militaires, la population algérienne, prise en otage, comptera plus de 100.000 victimes dans des conditions atroces. Elle y perdra une grande partie de ses élites.
En Novembre 1995 Liamine Zeroual est élu à la présidence de la république d’où il démissionnera en février 1999.
A. Bouteflika au pouvoir, l’A.I.S. annonce son intention de déposer les armes. Les chantiers du président sont la réconciliation nationale et la relance économique. La mesure phare de la réconciliation nationale consiste à amnistier les terroristes n’ayant pas commis de crime de sang.
Sur le plan international, le pays retrouve sa place dans le concert des nations. En 2003 a lieu la première visite d’Etat d’un président français, Jacques Chirac, depuis l’indépendance.
En Avril 2004 A. Bouteflika est réélu à la présidence. Après la « décennie noire » l’Algérie aborde une nouvelle page de son histoire pleine d’attente et d’espérance.

Les défis majeurs de l’Algérie demeurent sa capacité à offrir un avenir à sa jeunesse, moderniser ses institutions et diversifier son économie aujourd’hui tributaire des hydrocarbures.